Lundi 5 mars nous quittons Dakhla pour rejoindre le rond-point 40 (il est à 40 km de Dakhla). C’est ici que nous reprendrons la route vers le sud. Il nous faudra 2 bonnes heures avant de trouver un automobiliste bienveillant à notre égard. Peut-être que le check-point de la gendarmerie royale au rond-point dissuade les éventuels preneurs. Nous irons jusqu’à El Argoub à environ 40 km de là. Le temps pour nous de goûter un nouveau tajine et un thé et de discuter avec les quelques routiers qui font une pause. Mohamed est d’accord pour nous conduire à Guerguarat. Comme à chaque fois, Berniquette s’assoit sur la couchette face au pare-brise et à la route, et Berniquet sur le siège passager. Nous alternons régulièrement car l’assise sur la couchette est un peu haute pour voir la route et les paysages. Nous apprenons au cours d’une discussion que Mohamed n’a pas dormi depuis Casablanca, donc depuis trop longtemps. Nous exerçons une veille active et discutons autant que possible afin de prévenir un éventuel endormissement. C’est la première fois que nous ne sommes pas inquiets de voir un chauffeur téléphoner en conduisant, c’en est presque rassurant. À chaque fois que nous montons dans un véhicule, nous nous renseignons de l’état de fatigue du chauffeur et imaginons une stratégie de protection au cas où !! Mais en règle générale c’est plutôt no stress.
Arrivés à Guerguarat il ne reste que des matelas en dortoir pour 30DH par personne. Ça fera l’affaire, nous repartons le lendemain à l’ouverture du poste frontière. Il ouvre de 9 heures à 18 heures. La soirée nous permettra de faire la connaissance de Paco un jeune sénégalais qui nous invite à aller visiter Foundioune sur la petite côte en dessous de Dakar. C’est noté.














Week-end à Dakhla.
Dakhla vit au rythme de son marché quotidien nocturne (inclus le dimanche). Pas de répit pour les camelots et les éventuels clients. Le rituel commence en début d’après-midi pour certains. Chacun y va de sa spécialité (tongs, foulards, sous-vêtements en tous genres, boubous, ustensiles de cuisine, pantalons, etc...) et passe un temps infini à installer ses articles méticuleusement (époussetage, rayonnage, époussetage, rayonnage, et ainsi de suite). Tout le monde est le commerçant de quelqu’un, tout le monde est le client de quelqu’un, mais ça ne doit pas faire beaucoup pour chacun.








Vendredi 2 mars: la météo est plus clémente juste un vent assez soutenu. Nous quittons Akhfennir en R18 avec un maçon qui va à Tarfaya. Il nous laissera sur la route de Laâyoune. Nous n’entrerons pas dans le bled pour saluer Ahmed chez qui nous étions hébergés en 2013. Peut-être y passerons nous au retour, si tout va bien. Là nous embarquons dans une camionnette de messagerie. Le chauffeur a conduit toute la nuit et s’arrêtera à Laâyoune. On lui fera la conversation pour être sûr qu’il restera éveillé, et qu’il fasse attention aux passages de chameaux. Et là nous ferons la route jusqu’à Dakhla avec Khalid et Khadija à une vitesse un peu crispante entre 140 et 190 km/h. On aurait pu descendre à Boujdour si la crispation s’était maintenue, mais hormis la vitesse il avait de bons freins et il y avait aussi fréquemment des travaux qui le contraignait au ralentissement. Nous sommes arrivés à bon port et ils nous ont déposés à la porte de notre hôtel de 2013 où nous avons pris la souit à 200Dh. De la place dans la souit et la possibilité de faire la lessive et d’étendre notre linge pour le séchage. Un bon week-end en perspective.







Jeudi 1er mars: la météo est toujours instable, nous quittons l’hôtel avec l’idée d’aller encore plus au sud sans tarder. Tant pis ça fera un deuxième jour consécutif sur la route, mais on aime ça. Le ciel est chargé et donne une apparence tristounette à la ville qui néanmoins s’active façon Rungis. Des légumes sont transférés de charrettes à bras vers des camionnettes. Le temps d’un thé ou café et nous voilà à poste, sur le bord de la route. Inezgane est le paradis des 205 repeintes en bleu et appelées « petit taxi » qui parcourent la ville. Chaque ville a sa couleur appliquée au petits taxis.
Nous irons jusqu’à Tiznit avec Véronique et Bernard des camping-caristes des Charentes Maritimes.
Puis nous embarquerons à nouveau à bord d’un camion avec Omar. La perspective est intéressante il va jusqu’à Dakhla. Nous ferons étape à Sidi Akhfennir, nous à l’hôtel que nous conseille Omar et lui dans son camion. Pour manger c’est tout simple. Omar nous guide vers le poissonnier à côté du resto. Tu prends ton poisson, tu l’amènes Au cuistot et tu le retrouves sur ta table 15/20 mn plus tard. Omar est notre invité. Il n’y a pas de langouste au menu. Poisson ou morgates (poulpes 🦑).
Un contretemps nous amènera à retrouver notre autonomie. Les contrôles routiers de la gendarmerie royale sont fréquents à partir de la porte du Sahara occidental 🇪🇭. Nous comprenons le souhait de Omar de continuer seul la route. Le transport des étrangers n’est pas une chose simple à assumer dans le secteur sous haute surveillance. Nous conserverons néanmoins le contact avec Omar via Facebook et nous le remercions pour sa gentillesse et disponibilité.
















Mercredi 28 février: la météo semble incertaine pour les jours à venir mais on le sent bien de reprendre la route ce matin. De toutes façons on n’aura pas la neige qu’on a eue à Nantes au départ.
C’est un peu difficile de décoller de la sortie de ville, surtout quand une petite grand-mère qui s’interroge sur notre présence, reste plantée avec nous. On n’est plus 2 mais 3 supposés auto-stoppeurs. Quelqu’un se propose de nous emmener à un endroit supposé meilleur. On accepte volontiers. Notre démarche quand ça coince un peu c’est d’accepter d’être déposés un peu plus loin. Pour le moment ça fonctionne.
Nous aurons une première dépose sur une aire d’autoroute à Casablanca, une deuxième à la bifurcation Marrakech/Agadir. On se demande si on a bien fait de s’arrêter ici. L’endroit est désertique, il pleut, il vente. Au final, dans le quart d’heure qui suit, nous monterons dans le camion de Taoufiq, qui va à Agadir. Ce sera pluie et vent tout au long de la route, et arrivée de nuit à Inezgane, à côté d’Agadir. Taoufiq est vraiment génial. Il ne nous laissera qu’après nous avoir accompagnés pour trouver un hôtel et aussi trouvé un endroit où l’on peut encore manger malgré l’heure tardive. Un grand merci à lui pour sa gentillesse.






Info voyageur: visa mauritanien.
On peut prendre son visa à la frontière. On vérifiera au passage et on le fera pour le retour. On vous dira. Pour l’aller, on est passés à l’ambassade de Mauritanie à Rabat.
Anticipez et emportez avec vous 2 photos d’identité. Pour le moment une suffit, mais le niveau d’exigence peut varier pour une autre fois.
Prenez un taxi pour l’ambassade. Il y a un compteur dans le taxi, donc on ne discute pas le prix et la course devrait vous coûter environ 20 DH depuis la médina.
Pas besoin de rendez-vous, juste d’un peu de patience. C’est nettement mieux qu’avant. Allez y en fin de matinée. L’ambassade ferme au public à 15h30 (en principe). Le délai d’attente est variable mais ne devrait pas dépasser 1h30/2h, si l’agent consulaire n’est pas en réunion. On vous remettra un ordre de recette visa dont vous devrez vous acquitter en allant dans une banque à proximité de l’ambassade. Vous ne pourrez pas payer avec votre CB, mais il y une tirette à la banque. Vous passez au guichet de la banque pour payer et vous recevrez en échange un reçu qui vous permettra de retourner à l’ambassade pour la suite de la procédure. Au 26/02/2018 chaque visa coûte 690 DH (une entrée/ une sortie).
En revenant à l’ambassade, vous refaites le circuit, vous revoyez l’agent consulaire, vous donnez vos empreintes digitales, vous êtes pris en photo ( sans bouger de votre chaise) et vous repartez avec votre reçu, votre passeport et un rendez-vous pour le lendemain.
Le lendemain, vous reprenez un taxi, vous repassez à l’ambassade et 5 mn plus tard ( à peu près) vous repartez avec le sésame pour la République Islamique de Mauritanie.
Le visa c’est une entrée/une sortie/un mois. Pour ce qui nous concerne, c’est du 5 mars au 5 avril 2018. On peut entrer à partir du 5 mars mais on doit sortir au plus tard le 5 avril 2018.
Le carnet de voyage de Berniquette (extrait)

Mardi 27 février nous allons sur le côté mer de Rabat. Ça nous fait penser au Malecon de La Havane sans les voitures américaines. Une marocaine nous fait remarquer qu’on ne peut pas quitter Rabat sans être allé à la Kasbah des Oudaya, l’occasion d’une vue panoramique d’une partie de la route côtière. À la sortie nous y rencontrons des artistes tailleurs de céramique. Toutes les pièces du puzzle y sont taillées manuellement.















Lundi 26 février:premier jour à Rabat. Ce sera balade dans la médina et passage à l’ambassade de Mauritanie pour notre visa. On vous racontera dans un billet spécifique genre info voyageur. Dans la médina nous n’y rencontrons que des gens qui ont le sourire plein la bouche et qui nous souhaitent la bienvenue. Il se prêtent volontiers à la prise de photo tant ils paraissent fiers de leurs boutiques et contents de l’attention que l’on y porte. Nous y retrouvons la harira (soupe) tajines et pâtisseries.












Et aussi la vente à la criée du produit du jour le vêtement de pluie adapté à la météo du moment. Vous avez peut-être froid mais ici ce n’est pas tous les jours du soleil. Et encore, le cordonnier placé à un angle de rue. Quinze minutes pour réparer immédiatement ma chaussure que j’avais mal recollée avant mon départ. Je ne discute pas le prix de la réparation.


Dimanche 25 février nous prenons à pied la route de la corniche à Tanger pour aller nous placer en sortie de ville direction Rabat. Nous y croisons Azzedine et Beia qui nous proposent de nous y emmener en voiture. Belle opportunité car la route était longue. Nous rencontrons le deuxième routier sympa depuis le début de notre périple. Il s’appelle Mohamed et va à Agadir. Nous on doit et on a envie de faire étape à Rabat. Il nous déposera à 8 km que nous finirons à l’arrière d’un triporteur moto et aussi à nouveau une longue marche jusqu’à la médina.



Samedi 24 février nous débarquons du ferry dans le vieux port de Tanger au pied de la médina. Nous arrivons en terre connue. Nous y sommes passés en 2013. Nous retrouvons rapidement l’hôtel où nous nous étions arrêtés. Il est complet mais ça nous informe sur les prix pratiqués qu’on a un peu oublié. Finalement ce sera le Palace Hôtel pour 120 DH (120 Dirhams). Bon faut pas croire c’est loin du Palace mais ça nous convient bien. Nous posons nos sacs et retrouvons les senteurs de la médina. Premier tajine et thé à la menthe. Tout va superbement bien. ( 1€=11,31DH)










