Après avoir passé quelques jours à Nouakchott nous décidons de partir samedi 10 mars. L’auberge Ménata semble être connue dés routards, et des vendeurs de voitures en Afrique. Nous avons vu arriver le vendredi un duo de chauffeurs d’une camionnette Mercedes et d’une voiture Mercedes. Ils font équipe et vont au Mali pour vendre les véhicules. Nous entendons qu’ils passeront par Diama et partent le samedi matin. Tout ça pourrait faire notre affaire. Nous engageons une discussion avec l’un des deux. Ce n’est pas lui qui semble prendre la décision mais il nous semble plutôt fermé. En attendant de voir l’autre (Pascal et choupette la chienne) nous sommes plutôt optimistes, le camion à deux places libres et une, voire deux dans la voiture. Eh bien non, si nous avions été en difficulté au milieu de nulle part il nous aurait transportés, mais là, on n’était pas en galère, alors c’est non. Nous lui avions proposé de nous déposer juste avant le poste frontière pour que chacun retrouve son autonomie avant les contrôles, mais non, nous aurions été une charge pour lui. « Sans rancune Pascal et choupette » chacun fait comme il veut, mais nous n’avons pas trop compris tes arguments. Bref nous on sait comment on aurait fait et quelle aurait été notre réponse. Et vous, chers lecteurs, qu’auriez-vous fait? C’est pour un sondage.
Toujours est-il que nous nous sommes levés au chant du coq avant que Pascal, son pote et choupette quittent l’auberge et sommes allés en taxi jusqu’au poste de police de la route de Rosso/Diama pour faire de l’auto-stop. Nous voulions mettre toutes nos chances de notre côté d’arriver à Saint Louis avant la nuit, surtout que passer par Diama est moins facile que Rosso. Diama on finit par 40 km de piste alors que Rosso c’est du goudron mais un gros poste frontière, et un peu plus de pression sur les toubabs (Européens). Nous avons fait une trentaine de kilomètres dans un camion de chantier au départ de Nouakchott. Ensuite, nous avons été pris par Cheikh Ahmed Bamba Saleh qui nous annonçait faire environ 80km vers Rosso. Au fur et à mesure de la route et de notre conversation nous apprenons qu’il va jusqu’à Banjul en Gambie. Vu notre histoire il s’est pris au jeu et voulait nous faire la bonne surprise de nous déposer à Saint Louis du Sénégal. Nous avons fait un échange de cartes de visite à l’arrivée. Qu’il soit remercié de sa gentillesse et disponibilité. Pour nous ça contrastait beaucoup avec la situation de la veille. Nous arriverons au final à Saint Louis vers 14h ce qui relève pour nous d’une énorme chance. Il faut dire que nous en avons beaucoup depuis notre départ. Des nouvelles de Pascal et choupette, nous en avons eu en fin de soirée, alors que nous ne pensions pas les revoir. Ils sont arrivés au Camping Océan là où nous avons loué une case, bien après nous en fin de journée. Le camping Océan semble être aussi un lieu connu des routards. Partir en auto-stop et arriver avant nos deux amis français à Saint Louis ça a été notre petite victoire.





Un petit tour marché de tissu dans le centre ville, il fait chaud toutes les marchandes font la pose en buvant du thé ou en faisant la sieste.






Mercredi 7 mars: première journée à Nouakchott. Se familiariser avec les ouguiyas mauritaniens la monnaie locale. Ils sont passés au nouveau ouguiya mais parlent toujours en ancien. Mais quand tu vas au DAB tu retires en nouveaux. Donc nous voulons retirer 8000 et au final on se retrouve à 80000 ouguiyas. Il faudra compter sur JP pour nous informer que nous lui donnons 50000 au lieu de 5000 pour la chambre. Z’avez pas tout compris?! Tu retires en nouveaux, tu parles en anciens, tu payes nouveaux et on te rend la monnaie en anciens, et tu divises par 4 pour avoir une équivalence euro (4000 ouguiyas = 10€), c’est pourtant simple. Nous décidons d’y passer plusieurs jours, pour prendre le temps. Il n’y a pas forcément grand chose à voir mais l’observation des scènes de vie quotidienne font partie des choses qui nous intéressent. S’asseoir, observer et éventuellement photographier, et raconter ce que nous percevons des choses du quotidien. Ce seront quelques fois des photos volées, mais le plus souvent avec l’accord des personnes. Il y a les choses que nous pouvons rapporter ici en récit et photos et ce que notre cerveau imprime de choses vues, senties, goûtées, entendues et touchées. Ça on pourra en parler à notre retour autour d’une bonne bière.
C’est en buvant un café en terrasse que nous verrons cette livraison de carcasses de moutons. Un dernier café avec Omar le tunisien avant qu’il ne reprenne sa route vers le Mali. Une visite chez un bijoutier revendeur d’artisanat local. Et encore, la livraison de pains, la boutique dédiée à la vente de boubous et sandalettes. Et enfin la visite au port de pêche et les innombrables 404 plateau qui semblent être le véhicule des professionnels de la pêche. Si tu entends un bruit de castagnettes c’est le petit cireur de chaussures qui passe, il a 12/13 ans. Plus jeune encore le gamin qui se plante devant toi avec sa boîte de conserve vide pour mendier. Il y aura ce qui ne peut se photographier mais qui mérite que nous en parlions et que nous réfléchissions à notre attitude face à la misère.





















Sur le site du ministère des affaires étrangères français, le no man’s land séparant le Sahara Occidental de la Mauritanie est classé zone rouge donc zone à haut risque pour les français. Nous pensons que ceux qui actualisent le site n’ont pas dû venir sur le terrain ces derniers temps. Nous avions déjà pénétré dans ce territoire en 2013 et Berniquet l’avait déjà traversé sans encombre en 2012. Bon il faut avouer que ce n’est pas hyper rassurant la première fois qu’on passe ce secteur. Zone de petits trafics (voitures, cigarettes, change d’argent, etc) la nuée de personnes qui attend à la sortie du poste marocain peut être jugée oppressante, mais il n’y a jamais eu d’agressivité. Il faut y voir davantage l’expression d’une misère que d’un coupe gorge organisé. Oserions nous dire comme on peut en voir en France!!??
Pas question pour autant de fanfaronner, la vigilance reste de mise. Mais depuis que nous avons pris nos visas à Rabat nous sommes de plus en plus détendus à l’idée de passer ce bout de territoire. On peut même se permettre d’avoir une pensée amicale pour le Front Polisario. Certes, la situation connaît des hauts et des bas. L’année 2017 a connu des tensions sur le terrain qui depuis sont passées sur le terrain diplomatique.
Donc pour en revenir à notre traversée du no man’s land tout s’est passé tranquillement sans mauvaises surprises. De plus, nous avons rencontré Omar le tunisien qui passe en fourgon Mercedes et qui nous propose de nous emmener à Nouakchott. On est d’accord pour la proposition, il faudra juste aménager un troisième siège. Nous glanerons une planche dans le no man’s land, et ce sera parti pour quelques 400km après le passage de la frontière mauritanienne. Nous n’avons toujours pas compris pourquoi le policier mauritanien qui a contrôlé nos passeports nous a traités d’emmerdeurs. Nous avons réagi avec humour, ce qui n’est pas toujours facile, mais ça a permis d’éviter une embrouille dans un jeu que l’on ne maîtrise pas. Omar nous a donc conduit jusqu’à Nouakchott sans encombres après quelques 5 ou 6 contrôles de police. Nous avons été épatés de la maîtrise d’Omar lors des contrôles: « bonjour Monsieur mes respects voilà les photocopies des papiers on va à Nouakchott au revoir » et nous repartions sans que le policier ait le temps de dire ouf. Il nous déposera à l’auberge Ménata (5000 ouguiyas = 12,5€). Nous passerons quelques jours à Nouakchott.







