Nous partons vendredi 23 de Keur N’diaye Lo pour nous rendre dans la famille de Guediawaye. Quelques photos avant le départ.





Visite d’un abattoir de poulets à Keur N’diaye Lo. Mame Fatou y est vétérinaire et nous fait découvrir les lieux. La construction d’un poulailler est en cours. Les poulets sont destinés à la consommation des sénégalais. Malgré l’absence de traçabilité de l’alimentation et des poussins qui sont livrés pour être engraissés, Mame Fatou nous explique ses recherches en phytothérapie pour les soigner contre les maladies possibles. Une démarche de soins plutôt douce malgré la production intensive. Ce sera sans doute mieux que les ailes de poulets venues d'Europe. En attendant de passer au végétarisme un jour.








Scènes de vie quotidienne à Keur N’diaye Lo, et surtout à Taw Feex où nous coulons des jours tranquilles et sommes reçus comme faisant partie de la maison.












Ne rien faire est un art. Il faut avoir le temps. Donc, si Serigne Cheikh est d’accord nous allons rester un peu pour avoir du temps devant nous, histoire de déguster ces moments de tranquillité dans un environnement propice au lâcher prise. Comme en plus, l’accueil y est vraiment chaleureux, et les moments d’échanges très conviviaux et bénéfiques, faudrait pas se priver.
Un dimanche soir à Taw Feex les images sont sombres mais l’ambiance est là








Bon on est tellement bien reçus chez Pape Niang à Niomré qu’on y resterait bien un peu plus longtemps. C’est le cas partout on l’on a séjourné dans la famille, mais la vie est faite de bonjours et d’au-revoirs, ici salamaleicum et manguidem. Nous ferons les dernières photos de famille après le café touba. Nous essayons, autant que faire se peut, de noter les prénoms des personnes photographiées et ainsi éviter l’anonymat, c’est notre manière de respecter les personnes qui se prêtent au jeu des photos.
Pape aura la gentillesse de nous amener sur la route qui mène de Saint Louis à Dakar, où nous reprenons notre périple vers Rufisque et Keur N’diaye Lo. Une heure après avoir été déposés là, nous monterons dans un camion avec Modou et Dieye qui vont jusqu’à Tivaouane. Les deux sièges sont occupés. Qu’à cela ne tienne, nous poserons nos sacs et nos fesses sur la couchette. C’est l’occasion d’observer les voyants du tableau de bord: un voyant rouge « stop » est allumé en permanence, et les messages suivants s’affichent successivement « Air: arrêt immédiat, Défaut lampe, Défaut ABS,Danger blocage de roue ». Aucune inquiétude du chauffeur donc on ne va pas s’inquiéter pour rien. Le camion a 1 380 000 km au compteur. Arrivés à Tivaouane après que Dieye soit passé rendre visite à sa grand-mère, nous refaisons du stop avec notre technique qui s’améliore de jours en jours.
C’est peut-être le moment d’évoquer le ton de notre récit. Il n’y a aucune moquerie dans ce que nous racontons juste quelquefois un regard bienveillant et amusé. Ousmane s’arrêtera avec son camion de la Sénégalaise Des Eaux. Il doit faire un arrêt au centre de captage de Pout Sud, pour y déposer des grosses bonbonnes de chlore. Nous entrerons dans l’enceinte du centre avec lui et l’attendrons à l’ombre d’un arbre pendant ses opérations de déchargement. Le chef du centre nous fait un salut amical. On n’imagine pas ça en France. Ousmane nous déposera sur l’autoroute à 1 km de notre destination du jour: Keur N’diaye Lo. Là ce sera le plaisir des retrouvailles avec Babacar, Balla et Serigne Cheikh Seye au lieu dit Taw Feex (prononcer tao faire).












Il semblerait que dans les nouvelles du jour, ce jeudi 15 mars 2018, la mer a de nouveau fait des dégâts et provoqué des inondations à Saint Louis, dans le quartier des pêcheurs, là où nous étions jusqu’à mardi dernier. C’est malheureusement inévitable et il est à souhaiter que les autorités prennent des dispositions énergiques avant qu’il n’y ait une catastrophe humaine. Il ne peut malheureusement s’agir que d’une évacuation totale de toute la langue de Barbarie. Une pensée pour les habitants si l’information est confirmée. Nous aurons eu la chance pour ce qui nous concerne d’avoir évité cet épisode.
Si Macron évoque le sujet nous serions contents de le savoir.
Et pendant ce temps là à Niomré la vie se passe tranquillement entre Tieboudienne et café touba, à la recherche de courants d’air. La température dépasse 40 degrés au plus chaud de la journée. Les sorties sont à proscrire autant que possible entre 11h et 17h. Étant les seuls toubabs présents à Niomré les enfants ouvrent grand leurs yeux et il arrive aussi que les plus petits prennent peur et se mettent à pleurer quand ils nous voient. Les adultes quant à eux nous interpellent souvent en français. La plupart des familles de Niomré ont au moins un ou deux hommes commerçants en France. L’un d’eux nous a pris pour « de grands malades » d’avoir parcouru 5000 km en auto-stop, et surtout d’avoir le projet de rentrer en France dans les mêmes conditions. Ça nous a bien fait rire, le premier qui nous a traité de grands malades c’est notre pote Bernard de Rennes quand nous l’avons informé de notre départ.









Cet article de 2016 contredit notre ressenti sur la pêche sénégalaise et la réputation des sénégalais vis à vis de leurs voisins et confirme les difficultés sur la gestion des déchets (article de 2015)
http://www.senegal-export.com/les-ressources-halieutiques,21
https://www.ecofund.org/fr/news/la-gestion-des-ordures-menageres-au-senegal.html
Arrivés à Saint Louis samedi 10 mars, un mélange de souvenirs de 2012 et 2013, nous fait chercher et marcher 7 à 8 km pour enfin retrouver sur l’hydrobase (langue de Barbarie) le camping Océan. Quelque chose a changé. La mer a gagné du terrain et le camping a diminué de surface. Les cases ont été déplacées et reconstruites en dur. Que restera-t-il de ce bout de terrain entre le fleuve Sénégal et l’Océan Atlantique dans 20 où 30 ans. La population peut craindre a un déplacement forcé par la montée des eaux et il est à peu près probable qu’il ne restera pas grand chose au delà du pont Faidherbe, vers le fleuve et l’océan. Le parc de pirogues a considérablement augmenté en 5 ans. Le Sénégal ne semble pas avoir une politique efficace de préservation de la ressource halieutique pas plus que de la gestion des déchets. La situation est de ce point de vue catastrophique. En discutant avec un Sénégalais au village artisanal, celui-ci ne croit pas plus aux promesses de Macron, qu’à la volonté politique des dirigeants sénégalais et du président Macky Sall qui sont passés à Saint Louis lors de la « tournée » africaine de Macron.
Nous louerons une case au camping océan malgré le « choc » de trouver à l’accueil un portrait de Jupiter et une affiche de son parti. Nous avons effectué environ 8 km pour arriver ici et n’avons pas eu la moelle pour repartir chercher ailleurs. Berniquet a tenté de mettre le portrait face contre mur mais l’agent d’accueil craignant de se faire virer, Jupiter a retrouvé sa place à l’endroit. Bon on évitera l’accueil du camping pendant notre séjour.
Nous déambulerons le temps du week-end dans Saint Louis, histoire de s’immerger une nouvelle fois dans l’ambiance des rues sénégalaises, du port de pêche, des boutiques, des marchand(e)s ambulant(e)s. Nous en reniflerons le bon et aussi le moins bon. Ici nous retrouvons des températures plus douces qu’à Nouakchott. Il y fait même plutôt frais le soir quand le vent vient de la mer et charge l’atmosphère de cette brume d’eau de mer avec un océan un peu agité. S’il vient de l’est le vent amène son lot de sable. Ça aura été le menu météo de notre week-end Saint Louisien. Nous y rencontrons Jean-Marie un baroudeur que nous guiderons vers un Tangana (une gargote) où l’on peut manger un sandwich et boire un café touba. Jean-Marie doit partir mardi matin et a fait de la place dans son 4x4 pour nous déposer à Louga. Voilà une nouvelle opportunité pour nous de continuer notre route. Nous finirons les 7 km qui nous séparent de Niomré notre destination en taxi. Là nous commençons les visites amicales chez Pape, Modou N’diaye et Matar.























