Boujdour du 17 au 21 avril. Boujdour est une ville neuve et sans âme. Elle n’offre aucun attrait particulier hormis la tranquillité du rythme de vie marocain. Côté météo nous sommes soumis au vent venant de l’océan et les soirées sont fraîches. Nous avons gardé des contacts de notre trajet aller. Il fait froid en Espagne et il ne devrait pas tarder à pleuvoir à Marakkech. Y’a vraiment plus de saisons. Nous allons finir par hésiter à rentrer.















Mardi 17 avril. L’auberge porte d’Afrique est à 10 mètres de la barrière qui contrôle l’accès de la zone frontalière mauritanienne. Il vaut mieux être bien réveillé pour passer de bureau en bureau (police, douane, gendarmerie) et éventuellement avoir de la patience. Donc un café s’impose avant l’épreuve, d’autant plus qu’après les autorités mauritaniennes il faudra recommencer avec les marocaines.
C’est le moment également de faire le change de trop plein d’ouguiyas mauritaniens en dirhams marocains. Le bureau de change vient à nous. Un homme souriant sous son chèche est à l’auberge et nous propose le change. C’est plus que le calcul approximatif que nous avions fait, donc on profite de ce moment calme pour le faire loin de tous ceux qui se trouvent à l’extérieur et qui finissent par t’embrouiller.
Au final la frontière mauritanienne se passe bien et la marocaine aussi. Sans voiture c’est beaucoup plus simple, il n’y a rien à gagner pour eux. Entre deux il y a le fameux no man’s land raconté lors de notre voyage aller. On fera la traversée à pieds prenant quelques photos des traces de tension de l’année dernière entre le Maroc et le Polisario. Là aucun problème, tout est calme, mais ça risque de ne pas durer la diplomatie risque de ne pas aboutir et le Maroc a l’air de s’agacer avec son voisin algérien qui finance le Polisario. Nous voilà de nouveau au Maroc à attendre qu’un automobiliste veuille bien s’arrêter. Un cycliste marocain insiste pour que nous allions à la station qui est à 500 mètres. Il paraît que c’est mieux pour faire de l’auto-stop. Il s’autoproclame facilitateur auprès des camionneurs qui s’arrêtent. Nous résistons et il finit par se décourager mais semble dépité de nous voir rester plantés là. Cependant nous commençons à craindre de battre notre record d’attente sur le bord de la route (2h00 à Rabat à l’aller). Au final ce ne sera pas un camionneur mais Abdellatif et Mohamed qui nous embarqueront à bord de leur 4x4 au bout d’une heure 3/4 d’attente.
Ils vont jusqu’à Agadir où ils ne devraient arriver que mercredi matin après une nuit blanche. Nous ne voulons pas aller si loin ni prendre le risque d’un trajet de nuit. Depuis le début de notre périple nous avons quand même vu quelques carcasses de voitures ou camions d’accidents assez récents et aussi un accident de camion et un autre de voiture. Donc au départ nous pensions descendre à Laâyoune mais comme nous avons décollé tardivement de Guerguarat nous arrêterons à Boujdour. Ça nous fera arriver vers 21h30 car nos amis nous ont offert une petite escapade dans un village de pêcheurs peu après Dakhla. Ce sera l’occasion de rencontrer Aziz le pêcheur qui nous fera déguster un tajine de chipirons (petits poulpes) et nous offrira le thé avant de reprendre la route vers Boujdour.
Comme beaucoup d’autres fois au Maroc Abdellatif et Mohamed nous déposerons à la porte d’un hôtel qui nous convient parfaitement. On y restera jusqu’au samedi 21.















Lundi 16 avril nous quittons le camping « Baie du lévrier » chez Ali pour prendre le train minéralier qui va à Choûm à 460 km à l’est. Ali nous dit que le train arrive à 13h et part à 14h10. Les horaires sont un peu élastiques et nous ne trouvons rien d’écrit confirmant les propos d’Ali . Nous aurons même des informations contradictoires d’un départ à 15h voire 16h. Quand nous arrivons le rideau de fer de la gare est baissé, mais il y a quelques personnes en discussion. Et le temps passe et le train se fait attendre. Sachant que le trajet dure une douzaine d’heures nous risquons d’avoir les 3/4 du temps du voyage de nuit. Les conditions de transport dans ce train sont rustiques d’après Ali, toujours. Même si la récompense est au bout du train avec Atar et Chinguetti, notre décision, sans doute associée à un coup de mou est de faire du stop pour revenir à l’auberge porte d’Afrique et passer au Maroc le lendemain matin. Donc nous reprenons le stop. Un véhicule nous déposera à un contrôle routier de police.
Les contrôles routiers (police, gendarmerie, douane) au milieu de nulle part sont fréquents en Mauritanie.
Là, le policier nous enjoindra d’attendre que lui-même nous trouve un véhicule pour nous emmener à la frontière. Nous serons conduits par un Saharaoui jusqu’au carrefour situé à 5km de la frontière ( PK 55) Nous profitons du trajet pour exprimer à notre chauffeur notre sympathie pour la cause saharaouie. Arrivés au PK 55 nous ferons le reste du trajet en marchant le vent et le sable dans le nez et en faisant quelques photos du désert, des dunes, d’un troupeau de chameau et son chamelier. Nous verrons même un train minéralier passer.....vers Nouadhibou. À 17h nous n’avons toujours pas vu passer celui qui va à Choûm.


















Samedi 14 avril, nous quittons l’auberge pour rejoindre le carrefour de la route qui va de Nouakchott à Nouadhibou. Nous saluons Mohamed une dernière fois avant qu’il n’entre dans la zone frontalière mauritanienne. Le poste frontière mauritanien est à 5 km du carrefour. Nous commençons à pieds et en profitons pour faire quelques photos. Une voiture nous transportera ensuite jusqu’au carrefour, là où il y a un autre poste de douane. Nous trouverons facilement un gros et vieux camion dont le chauffeur acceptera de nous conduire pour les 40km qui nous séparent de Nouadhibou. Un client de l’auberge porte d’Afrique nous a conseillé d’aller chez Ali. C’est propre et pas cher. Effectivement c’est le cas. On paie pour deux nuits, le temps de se renseigner sur le banc d’arguin. On s’aperçoit que les infos que nous avons sont fausses et qu’il faudrait retourner à Chami sur la route de Nouakchott. Nous n’avons pas très envie de revenir sur nos pas. On se dit que ce sera pour un autre fois. Nous sommes allés au bureau de renseignements pour le banc d’arguin. Il était 9h30, nous pensions repartir avec un dépliant. Un homme nous accueille. Il est assis par terre et a devant lui un plateau avec une théière. Il semblerait que ce soit son rôle pour faire patienter. Le secrétaire devrait être là dans une demi-heure « inchallah » et le chef dans une heure et demie. Nous renoncerons à patienter devant un thé pour une arrivée hypothétique d’une personne pour nous renseigner. nous passons le week-end à Nouadhibou.











Vendredi 13 avril nous refaisons nos sacs et sommes sur la route vers 9h30. Nous mettons la barre un peu haute en ce vendredi 13 en cumul avec notre bonne étoile, qu’un routier marocain nous emmène direct à Nouadhibou sans que nous ayons à faire étape à Nouakchott. Quelques véhicules s’arrêtent mais ils vont à Nouakchott. Nous faisons les difficiles et vers 11h00, Mohamed chauffeur routier marocain peut nous emmener jusqu’à la frontière à Guerguarat. Nous serons à 40km de Nouadhibou. C’est plutôt satisfaisant comme situation. La distance est importante, Mohamed pronostique une arrivée vers 21h00, au final ce sera 23h00 après une pause repas vers 15h00 à Nouakchott. L’heure d’arrivée sera trop tardive pour envisager d’aller jusqu’à Nouadhibou. Mohamed ne sera satisfait qu’après nous avoir trouvé une chambre à l’auberge « porte d’Afrique » et discuté lui-même le tarif. Il déclinera notre invitation à manger. Nous comprenons, la route a été longue et il roulera le lendemain jusqu’à Laâyoune après avoir satisfait aux formalités douanières en Mauritanie et avec les autorités marocaines colonisatrices du Sahara Occidental. Il s’est garé dans la file d’attente des camions et voitures qui passeront la nuit ici dans l’attente de l’ouverture du poste frontière le lendemain à 8 heures.








Jeudi 12 avril départ de Louga où Pape nous a déposés. On monte dans un camion qui nous emmènera à 4 km de Rosso, à 40kmh de moyenne. Il y a 35 tonnes de ciment sur la remorque. Au giratoire des chauffeurs de camion font la pause déjeuner à l’ombre de leur camion. Mohamed nous invite à manger. Cette rencontre nous amènera son lot de surprises. Il ressort la cocotte dans laquelle il reste du tajine et nous invite à nous installer à l’ombre de son camion pour déguster un super tagine accompagné de 2 canettes de coca. Son camion est chargé de clémentines à destination du Sénégal. Il nous en offrira pour notre dessert, et une bouteille d’eau pour la route. Ensuite nous prendrons un taxi clando pour aller jusqu’au poste de police et une charrette à cheval pour aller au bac. Pas de chance, c’est la pause pour le bac, gratuit pour les piétons. Des piroguiers rusent pour essayer de nous vendre la traversée sur leur embarcation. Le bac ne fonctionne pas aujourd’hui ou encore, il est en panne. On doit attendre 16h00 pour faire la traversée en bac du fleuve Sénégal et atteindre le poste frontière mauritanien. C’est le moment de vérité pour le visa. Nous n’avons pas prévu d’euros ni la somme équivalente en ouguiyas. La seule certitude, ils les délivrent ici. Leur première demande sera pour un paiement en euros. Nous n’avons pas 110€ avec nous et les retraits se font en ouguiyas. Donc c’est ok pour payer en ouguiyas (environ 49000) il faut juste aller retirer à un DAB. Berniquette fera la public relations pendant que Berniquet quittera le poste frontière en quête d’une banque. Il en faudra 4 avant d’en trouver une qui accepte de donner les biftons, en 3 fois 20000. On a eu chaud, c’était l’heure de fermeture de la frontière et sans argent ça aurait été compliqué. Notre bonne étoile continue de briller. On a même pu téléphoner à Jules (papa de Berniquette) pour ses 85 ans. Happy birthday Jules. La nuit ne va pas tarder mais on tente le coup pour quitter Rosso. Comme beaucoup de villes frontalières Rosso ne fait pas très envie. Notre étoile brille encore. Yaya un jeune sénégalais en route vers Nouakchott nous a repérés au bac et nous lui demandons de nous déposer à Tiguent. Nous n’avons pas envie d’une nouvelle étape à Nouakchott. Il nous déposera à l’entrée de la ville, où deux mauritaniens nous accompagneront jusqu’à l’hôtel où nous passerons la nuit.














