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Saisie obligatoire

Jeudi 28 février nous quittons Potosi pour arriver en soirée à Atocha. Nous saluons Eduardo à notre arrivée, Luïs quant à lui est au carnaval. C’est partout en Bolivie et ça dure. Pour Atocha il y a un programme sur 10 jours non-stop, de jour comme de nuit. Nous passerons notre première nuit à l’hôtel, avant de nous installer au chantier entrepris par Eduardo dans une maison à transformer en maison culturelle et bar sans alcool. L’alcool est un problème récurrent et pas seulement lié à la période du carnaval. Donc nous installons notre hébergement dans la maison où nous travaillons également. Nous sommes un peu exposés à la poussière et Berniquet n’est pas en grande forme. Une consultation avec un médecin à l’hôpital local diagnostiquera un mal lié à l’altitude. Nous continuons notre activité dans la maison et allons aussi décorer le local du MAS pour l’élection présidentielle d’Evo Morales en 2020. C’est aussi la période des rituels avec la Pacha mama. Nous en profiterons pour faire nos offrandes et protéger la future maison culturelle, la voiture d’Eduardo et aussi nos sacs à dos. Nous devions rester 15 jours mais la méforme de Berniquet précipite notre départ pour retrouver le niveau de la mer. Nous allons passer au Chili à Tocopilla en bord de mer, histoire de se requinquer. Le chantier aura quand même bien avancé mais nous ne ferons pas l’inauguration que nous avions envisagé avec au menu des crêpes. Ce sera peut-être une occasion pour LesBreizhLatinos s’ils passent dans le coin. En tout cas Eduardo les attend avec impatience. Nous entrerons au Chili le 9 mars pour 13 jours. Nous avons annoncé à nos amis argentins de Tinogasta notre projet d’arriver chez eux pour l’asado ( barbecue amélioré) du dimanche 24 mars.

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Portraits de militants du MAS

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Et ça continue ✊✊✊

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HOMMAGE AUX MINEURS 

Nous arrivons le 25 février à Potosi. Berniquette s’arrête dans une petite agence locale de tourisme et fait la connaissance de Antonio. Ancien mineur de l’âge de 15 ans à 19 ans, Antonio connaît l’espérance de vie d’un mineur, ici c’est 46 ans. Il se décide de sortir de cet enfer, et ne voit d’autre alternative que de faire découvrir l’enfer de la mine. Il sollicitera ses anciens collègues de la mine, constitués en coopérative, pour obtenir leur autorisation à faire visiter une partie de la mine aux touristes. Comme le dit Antonio, nous n’allons pas visiter une mine musée mais une mine en activité où les mineurs sont leurs propres employeurs, et décident d’eux mêmes, de leur durée de travail, et donc de leur espérance de vie. Dur dilemme quand il est si difficile de gagner correctement sa vie. Donc on n’est pas au musée, on est dans Germinal. Les tenues que nous enfilons n’ont rien de folkloriques, tout nous sera utile ( le casque surtout pour les grands, la lampe car il n’y pas d’éclairage dans les galeries, les bottes pour marcher dans la boue et l’eau). Après s’être équipé, nous passerons à la boutique des mineurs pour y faire quelques achats pour les offrandes à Tio et quelques denrées en cadeau pour les familles de mineurs. Le Tio c’est le protecteur des mineurs, un peu la pacha mama du mineur et donc les offrandes sont les bienvenues. Un peu de feuilles de coca, le reste sera pour nous, un peu d’alcool et quelques cigarettes sont offertes au Tio. Nous commencerons avec un groupe de 6 personnes. Deux personnes souhaiteront très vite sortir de la galerie. Pour les autres, nous croiserons des mineurs poussant le wagonnet de la galerie vers l’extérieur de la mine, chargé de matière extraite de l’enfer. Pas question de les ralentir, il nous faudra trouver un refuge. Ils sont deux à pousser le wagonnet en courant. Pendant ce temps-là, les autres mineurs dehors, chargent leur brouette et les poussent en courant pour charger un camion. Ici, on a l’impression que tous les travaux se font en courant. Après une heure d’avancée pour les 4 personnes restantes, nous arrivons à un moment fatidique où il faudrait à nouveau ramper dans un petit tunnel et rejoindre un autre bout de galerie. Cette nouvelle difficulté aura raison de 3 des 4 personnes restantes. Notre guide nous raccompagnera vers la sortie, le dernier rejoignant un autre groupe pour finir le périple souterrain. Ce que nous avons fait, c’est ce que le mineur doit faire comme chemin pour aller travailler, et après c’est environ dix heures de travail sous terre. C’était à pleurer, jamais nous n’aurions pensé rencontrer de telles conditions de travail et de vie autour de cette mine. Que ce soit concernant les mineurs eux-mêmes ou les femmes et enfants, il est révoltant de constater que rien n’a changé depuis plus d’un siècle. Alors envers Monsieur Patiño et sa fondation, je n’ai aucune complaisance; c’était d’améliorer les conditions de travail des mineurs qu’il y avait besoin, pas d’une construction somptueuse où il rêvait de vivre alors que des familles connaissaient l’enfer de la mine. Il y aurait gagné davantage pour atteindre la postérité. Nous allons quitter cet endroit en abandonnant les mineurs à leur triste sort mais en pouvant modestement témoigner, ce que nous demande Antonio. Nous partons vers Atocha, mais c’est pour le prochain récit. J’essaierai de mettre à jour un peu plus rapidement en espérant ne pas avoir d’autre empêchement.

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Nous avons réservé 3 nuits sur Booking.com pour notre week-end à Oruro. En même temps que nous arrivons à Oruro nous avons confirmation que la grande parade c’est dans une semaine. Pour ce week-end ce sera répétition avec costumes mais pas la totale. Samedi 23 février nous arriverons en soirée et pourrons suivre le concours de « bandas » les fanfares qui arrivent à enchaîner 20 notes et qui repassent ça en boucle jusqu’au bout de la nuit, arrosés de bière et de neige carbonique dont chaque festivalier a eu soin de s’équiper pour que personne ne passe au travers. Tout le monde trinque avec tout le monde et partage sa bière. Le dimanche matin dès 8 heures le défilé commence dans les rues de Oruro. Cela durera 17 heures non-stop. Femmes, hommes et enfants, petits, grands ( c’est plus rare), gros ou maigres, beaucoup de participants à cette répétition générale. Ce week-end nous suffira amplement en terme de bruits, d’alcool et de neige carbonique. Ce sont des milliers de canettes, de bombes et autres détritus qui joncheront le sol suite à ces 2 jours de folie collective. La magie opérera dans la nuit de dimanche à lundi. L’armée des ombres , essentiellement féminines, opérera tout le restant de la nuit et lundi matin la ville sera redevenue à peu près propre mais pas débarrassée de ses odeurs âcres de lendemain de fête. Nous quittons Oruro le mardi 26 pour une étape à Potosi.

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Hola amigos lecteurs de ce blog, j’ai senti un questionnement sur l’absence de mise à jour de la Bernique Baladeuse. Il faut vous dire que là nous sommes à Atocha depuis presque une semaine, après être passés à Oruro pour le carnaval et Potosi pour la mine ( mode Germinal). Nous vous raconterons un peu plus tard ce qui s’y passe, mais les journées passent très vite et la mise à jour est toujours reportée. Et avant Atocha c’était la wifi qui était plutôt aléatoire. Les hôtels indiqués avec wifi, ne garantissent pas la wifi dans la chambre et ce n’est pas toujours facile de mettre à jour la Bernique Baladeuse dans le hall d’accueil de l’hôtel. Bon maintenant que j’ai dit ça, nous sommes arrivés à La Paz le dimanche 17 février au soir et dans l’heure qui a suivi nous prenions un bus pour Cochabamba. Juste le temps de faire un retrait de monnaie bolivienne ( les bolivianos) et de dépanner un jeune couple chilien rencontré, dans le bus, qui n’avait que des dollars, solidarité entre routards. Ils sont de Valparaiso, une destination que nous envisageons. Nous échangeons nos contacts avec promesse de se revoir au Chili. Au moment où nous prenons le bus pour Cochabamba une dame âgée qui est dans le bus nous incite à nous équiper en couvertures pour la nuit que nous allons passer dans le bus. À chaque problème sa solution, dans le terminal de bus de La Paz nous en trouvons. Ça va juste faire déborder le sac à dos. Nous arriverons à Cochabamba à 5h30. Sans doute en baisse de vigilance à cette heure nous paierons la course pour trouver un hôtel 20 bolivianos au lieu de 7 à 10 maxi. Le chauffeur nous en demandait 30. Relativisons 1 bolivianos c’est 12 centimes d’euros, mais pas question d’être des pigeons. Enfin on fait ce qu’on peut. Maria que nous avons rencontrée à Quito nous fera une visite guidée, le temps de repérer les lieux qui nous intéressent. Donc dans la semaine nous prendrons le téléphérique pour rendre visite à Jésus et voir la ville d’en haut. Le colonisateur a tout prévu pour évangéliser ses terrains conquis. Nous passerons à la fondation Patiño, propriété construite avec de multiples styles européens et nord africains. Vous n’aurez pas de photos de l’intérieur du palace, elles sont interdites et la sécurité veille très bien. Le pauvre Monsieur Patiño a commencé avec ses petites mains et a fini à la tête d’un empire minier (5000 mineurs). Quand on vous racontera Potosi, vous comprendrez que le financement de projets pour la santé ou l’éducation, en bons catholiques que sont Monsieur et surtout Madame Patiño, ne sont sans doute qu’une faible contrepartie par rapport à la misère des mineurs de l’époque. Monsieur Patiño n’aura pas la vie assez longue pour habiter son petit palace. Berniquette n’est pas tout à fait de mon avis mais c’est moi qui suis au clavier 🥴. Palabrez la, pour avoir son avis, elle vous répondra sûrement. Autrement nous déambulons fréquemment dans les rues de la ville et nous nous posons sur un banc d’une des places de la ville. Nous y verrons Brigita activiste et présente tous les jours sur cette plaza principale avec son mégaphone. Pour elle c’est clair « patria o muerte » ( la patrie ou la mort). Victor voit que nous ne sommes pas d’ici et s’adresse à nous. Il est représentant local du MAS ( movimiento al socialismo) le parti d’Evo Morales. Il nous informe d’une réunion de soutien au peuple vénézuélien et à son président légitime Maduro et nous y invite. Allez, nous voilà embarqués dans une salle en présence d’une membre de l’ambassade du Venezuela en Bolivie. Bon je ne vous fais pas l’histoire ici mais pour la Bernique Baladeuse ça nous a renforcé dans notre idée.

Et voilà le samedi 23 février arrivé, nous partons pour Oruro le plus grand carnaval de Bolivie

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